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Infos hebdomadaire de l’Anglican Communion News Service – 15 novembre 2019

Posted on: November 15, 2019 12:22 PM
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Inquiétude après que le gouvernement philippin a associé les églises du pays à des groupes terroristes communistes

Aux Philippines, les évêques des églises épiscopales ont reproché à leur gouvernement d’avoir désigné le Conseil national des églises des Philippines, ainsi que 17 autres organisations de la société civile, comme organisation de façade de groupes terroristes communistes locaux.

Rex Reyes, évêque du diocèse épiscopal du centre des Philippines et ancien secrétaire général du Conseil national des églises des Philippines (« NCCP »), a publié une déclaration, soutenue par l’église épiscopale du pays, dans laquelle il qualifie cet acte du gouvernement d’irresponsable et malveillant.

Le NCCP, dont fait partie l’Église épiscopale des Philippines, a été qualifié d’organisation de façade de groupes terroristes communistes par un chef des services de renseignement philippins lors d’une audition publique tenue au Congrès des Philippines.

Joel Atiwag Pachao, évêque primat des Philippines, a déclaré que l’Église épiscopale et les avocats des églises membres sont prêts à contester l’accusation devant les tribunaux, mais se sont finalement rétractés après qu’on leur a assuré que le NCCP ne faisait plus partie de la liste des organisations accusées d’héberger des groupes terroristes communistes. « Il est ironique de noter que la plupart des organisations citées sont des organisations caritatives actives dans des projets de secours et de réhabilitation », a déclaré Mgr Pachao.

Dans la déclaration de l’Église épiscopale, Mgr Rex Reyes a déclaré que le NCCP n’avait jamais commis d’actes dissimulés et s’était opposé à la loi martiale et à la violation des droits de l’homme. « Les efforts du NCCP en faveur de la paix et de la justice dans ce pays sont également un livre ouvert. Je suis fier de pouvoir dire que, parmi les conseils des églises du monde entier, le NCCP est encore considéré comme une formation œcuménique dynamique, pérenne, influente et reconnue. En effet, le NCCP n’existe et ne travaille que pour les personnes vulnérables, opprimées et marginalisées », a-t-il déclaré.

Et Mgr Reyes de souligner également la corruption qui fait rage dans les hautes sphères. « Il n’y a rien de mal à ce que les Chrétiens déplorent la corruption… Ce qui ne va pas, et qui est même complètement subversif, c’est qu’un système qui tue, persécute et insulte la population, puisse s’en prendre à ceux qui s’engagent dans une dissidence et un activisme basés sur des principes. Or, il est important de souligner que la dissidence et l’activisme basés sur des principes ont souvent permis de rendre le monde plus pacifique et plus juste. […] Ce qui est juste, c’est de défendre les droits de l’homme, la justice et la paix. Je soutiens le NCCP », a-t-il conclu.

L’acte du gouvernement a été largement condamné par les dirigeants chrétiens du monde entier, les responsables de la Conférence chrétienne d’Asie et du Conseil œcuménique des Églises s’étant notamment exprimés contre l’inclusion du NCCP dans la liste des organisations accusées d’héberger des groupes terroristes communistes.

Mathews Chunakara, secrétaire général de la Conférence chrétienne d’Asie (« CCA »), a déclaré : « Non seulement le fait de qualifier sans autre forme de procès le Conseil national des églises des Philippines comme faisant partie des ‘organisations de façade’ de ‘groupes terroristes communistes’ est un acte réprouvé par le ministère de la Défense nationale des forces armées des Philippines, mais cela ne peut en outre que créer de la peur inutile parmi les membres du personnel du NCCP et leurs familles ».

Le Dr Olav Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (« COE »), a quant à lui déclaré : « Nous exprimons notre solidarité avec le peuple philippin qui pleure ses proches et craint de devenir la prochaine victime. Nous appelons le gouvernement des Philippines à mettre fin à la guerre contre les drogues, à prendre des mesures pour identifier les responsables de crimes extrajudiciaires, et à respecter et protéger les droits humains et la dignité égale donnée par Dieu à tous les Philippins ».

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a appelé à un rapport sur la situation des droits de l’homme aux Philippines, qui doit être examiné en juin 2020.

 

Un nouvel archevêque pour Jérusalem et le Moyen-Orient

L’évêque de Chypre et du Golfe, Michael Lewis, a été nommé nouvel évêque-président et primat de la Province de Jérusalem et du Moyen-Orient, et prendra ses fonctions ce mois-ci.

Il succède à l’archevêque Suheil Dawani, évêque du diocèse de Jérusalem.

Mgr Lewis a déclaré qu’il avait hâte de donner aux gens une image de la grande diversité de la Province, qui comprend 20 pays et quatre diocèses.

Évoquant ses nouvelles fonctions, Mgr Lewis a déclaré : « Le plus grand défi et le plus grand privilège est de maintenir une présence chrétienne où que nous soyons. Dans certains pays, le christianisme est honoré et considéré comme faisant partie intégrante de la vie d’une nation. Dans d’autres, en revanche, où il fait l’objet de pression et de menaces, les habitants se demandent peut-être quel rôle peuvent jouer les Chrétiens ».

Et de continuer en rappelant que les Chrétiens d’Irak avaient besoin de beaucoup de soutien après avoir subi la guerre, des troubles civils, et des changements économiques. « L’Iran est un autre exemple. Il s’agit en effet d’un pays dans lequel l’Église est confrontée à de nombreuses difficultés mettant en péril son existence et le nombre de ses fidèles. Or, nous devons trouver un nouvel évêque pour le diocèse anglican d’Iran, ce qui sera l’une de mes priorités », a-t-il déclaré.

Mgr Lewis a également évoqué d’autres difficultés, notamment celles rencontrées par les migrants et les étrangers dans certains diocèses, lesquels nécessitent selon lui des encouragements, des conseils et un soutien. D’autres changements sont également attendus dans la Province alors que le diocèse d’Égypte explore la possibilité de la création d’une nouvelle Province, à la suite du développement de l’Église en Éthiopie.

Mgr Lewis a déclaré que les 12 dernières années à Chypre et dans le Golfe lui avaient beaucoup appris. « Nous devons admettre que nous devons désormais collaborer de manière œcuménique avec les autres principaux mouvements chrétiens partageant notre volonté. Cela génère de nombreux avantages et l’œcuménisme dans toute la Province s’en porte d’autant mieux ».

Il a ajouté qu’il avait également beaucoup appris sur les autres religions. « La rencontre avec l’Islam, sur ces terres où cette religion est prédominante, n’en est qu’à ses balbutiements », a-t-il déclaré. « Nous avons encore un grand travail d’écoute, d’apprentissage et de réflexion à faire ».

Quant à l’avenir de la Province au sein de la Communion anglicane, il a déclaré : « Je suis très attaché aux différences ; or, la Communion anglicane nous oblige à vivre en intégrant les différences. J’espère que dans les diocèses de notre Province, ainsi qu’au sein même de notre Province qui est en constante mutation, nous nous respecterons et nous honorerons mutuellement au fil des années, apprenant à apprécier nos différences en tant qu’anglicans ».

L’évêque continuera d’exercer les fonctions d’évêque diocésain de Chypre et du Golfe, fonction qu’il occupe depuis douze ans. Avant de s’installer à Chypre, Mgr Lewis a été évêque de Middleton dans le diocèse de Manchester au Royaume-Uni.