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Les primats veulent inciter tous les évêques à assister à la Lambeth Conference 2020

Posted on: July 12, 2019 11:34 AM
Lors de la Lambeth Conference en 1930, les évêques ont défini la communion anglicane comme «une communauté d'associations d'églises, de provinces et de diocèses en communion avec le siège de Cantorbéry».
Photo Credit: ACNS
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[Par un membre de la rédaction de l’ACNS] Dans une lettre adressée aux primats de la Communion anglicane, l’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, a évoqué son désir que la Lambeth Conference (« conférence de Lambeth ») de l’année prochaine soit l’occasion de « rassembler le plus d’évêques possible provenant de toute la Communion, sans occulter ou éviter nos différences, mais au contraire en réunissant ces différences au nom de Dieu, dans la prière et dans l’humilité », annonçant que plus de 1000 inscriptions avaient déjà été enregistrées pour l’événement de l’année prochaine.

D’autres dirigeants anglicans ont également exprimé le souhait que tous les évêques de la Communion anglicane soient présents. Dans une interview accordée au journal britannique Church Times vendredi dernier, le Président du Groupe de conception de la Lambeth Conference, l’archevêque Thabo Makgoba du Cap, a déclaré que tous les évêques doivent se réunir autour d’une même table. Et la semaine dernière, un groupe d’évêques de huit provinces – dont deux primats – ont exprimé leur volonté « d’entendre les visions opposées de [nos] collègues ».

Dans sa lettre, l’archevêque Welby a exprimé sa déception devant le fait que certains évêques aient décliné son invitation à la Lambeth Conference et s’est également inquiété du fait que « des informations fausses et trompeuses circulent à nouveau à propos de la Lambeth Conference et de la nature de l’anglicanisme ».

« La résolution I.10 de la Lambeth Conference de 1998 a été en grande partie mise en œuvre, mais cette résolution est souvent mal interprétée. À aucun moment, cette résolution ordonne ni ne conseille d’exclure qui que ce soit de la discussion », a-t-il déclaré.

« Cette résolution ne faisait qu’exprimer la position adoptée par la grande majorité de la Communion sur le mariage comme étant l’union d’un homme et d’une femme tout au long de la vie, tout en engageant également les évêques à écouter les témoignages des homosexuels, enfants de de Dieu. Or, il n’est pas possible d’écouter ceux qui sont exclus de la discussion.

« En ce qui me concerne, comme j’ai eu souvent l’occasion de l’exprimer, je reste très attaché à l’enseignement traditionnel sur le mariage et je prends donc très au sérieux les dispositions de la Résolution I.10 qui imposent d’accueillir et d’écouter les homosexuels, et de condamner la « peur irrationnelle » qu’ils peuvent susciter chez certains. La position de l’Église d’Angleterre n’a pas changé. En droit, les personnes de même sexe ne peuvent en aucun cas se marier, ni recevoir de bénédiction, dans les églises de l’Église d’Angleterre ».

Mgr Welby a également rappelé ce que cela signifiait pour une Église d’être une Province anglicane : « Les églises membres de la Communion anglicane sont des églises en communion avec le Siège de Cantorbéry et qui sont répertoriées comme membres du Conseil consultatif anglican. Dès la Lambeth Conference de 1930 (Résolution 49), la Communion anglicane était définie comme une communauté d’églises, de provinces et de diocèses en communion avec le Siège de Cantorbéry.

« Certaines églises tirent leur doctrine, leur liturgie et leur ordre de la tradition anglicane, mais ne sont pas pour autant membres de la Communion anglicane. Depuis plus d’un siècle, les églises anglicanes considèrent que la communion avec une autre église requiert la mise en commun de quatre domaines : les Saintes Écritures ; les credo catholiques ; les sacrements du baptême et de l’eucharistie ; et l’épiscopat historique, tous pouvant être adaptés localement…

« Nous sommes en communion car, dans notre grande diversité de cultures et de traditions, nous tenons fermement à ces quatre éléments d’accord en tant qu’évêques du monde entier en communion avec le Siège de Cantorbéry ».

Enfin, Mgr Welby a conclu sa lettre en déclarant que « les critiques, qu’elles soient personnelles ou à l’encontre de la Communion, qui m’ont été rapportées au cours de ces dernières semaines ne me dissuadent pas de continuer à inviter tous les évêques actifs des Églises de la Communion anglicane à participer à la Lambeth Conference et de laisser la porte ouverte aux autres églises que j’ai invitées en leur proposant d’envoyer certains de leurs représentants, mais qui ont décliné mon offre.

« Je garde l’espoir que lors de notre communion à Cantorbéry l’année prochain, inspirés par le    Saint-Esprit, le Seigneur nous bénira et nous donnera les outils nécessaires pour exercer son ministère dans ce monde qu’il aime et qu’il souhaite sauver ».

Dans son entretien avec le Church Times , l’archevêque Thabo a déclaré que les conversations ne pourraient pas se dérouler correctement si les évêques associés au mouvement conservateur Gafcon n’étaient pas présents à la Lambeth Conference. « Nous avons besoin que les membres de GAFCON soient autour de la table », a-t-il déclaré, « nous avons besoin que les membres de l’Église anglicane en Amérique du Nord (Anglican Church in North America, « ACNA ») soient autour de la table, avec nous. Nous avons besoin de ceux qui ont fait le choix de quitter les discussions discrètement, ainsi que de tous ceux qui ne comprennent pas de quoi nous parlons, afin de pouvoir entendre toutes les voix et de mieux comprendre quelle est notre obligation envers Dieu dans la conjoncture actuelle ».

Et Mgr Thabo de continuer : « J’exhorte chacun à dire haut et fort que les boycotts n’ont jamais aidé aucun de nos pays à obtenir la liberté. Les boycotts ne nous ont jamais aidés à nous mettre d’accord sur les credo de la tradition anglicane. Les boycotts alimentent les ruptures.

« Mais, si nous nous réunissons tous autour de la table lors de la Lambeth Conference et que les chrétiens africains ont leur mot à dire, tous les autres chrétiens auront leur mot à dire. Venez tous et asseyons-nous, ensemble, autour de la table. Reconnaissons notre douleur. Tachons de remédier à notre rupture et d’éradiquer les tensions. Mais nous ne pouvons pas nous contacter de dire : ‘votons : êtes-vous pour ou êtes-vous contre ?’ Ce n’est pas comme cela que fonctionne l’Église.

Entre-temps, 10 évêques d’Afrique, des Amériques et d’Angleterre, dont deux archevêques, ont publié une déclaration commune exposant leur vision de la « Lambeth que nous voulons ». Les signataires incluent le primat de l’Église anglicane d’Afrique de l’Ouest, l’archevêque Daniel Sarfo, le primat de l’église anglicane du Burundi, l’archevêque Martin Nyaboho, et l’ancien primat de Jérusalem et du Moyen-Orient, l’évêque Mouneer Anis d’Égypte.

Parmi les autres signataires figurent trois membres du Groupe de conception de la Lambeth Conference : Mgr Joel Waweru, évêque de Nairobi, de l’Église anglicane du Kenya ; Mgr Emma Ineson, évêque de Penrith, de l’Église d’Angleterre ; et Mgr George Sumner, évêque de Dallas, de l’Église épiscopale basée aux États-Unis.

Voici ce que dit notamment la déclaration : « Lors de la Lambeth Conference, bien que notre famille soit déchirée, nous devons nous efforcer de penser à nos frères anglicans sous le meilleur jour possible. Par exemple, il y a eu beaucoup de mouvements importants de mission et de renouveau dans notre tradition anglicane (par exemple, le mouvement d’Oxford et le renouveau de l’Afrique de l’Est), or, nous pouvons envisager GAFCON de cette façon. Nous pouvons également apprécier le rôle joué par les anglicans du Grand Sud dans le renforcement de la mission du Christ au sein de leurs Provinces.

« Nous saluons le point de vue des primats selon lequel seules les Églises conformes à l’enseignement de la Communion devraient représenter la Communion dans la ‘doctrine et la politique’, mais nous sommes également disposés à écouter ceux de nos collègues qui ont des opinions divergentes. Plus généralement, nous avons tous besoin, dans nos cœurs, de laisser de côté les anciennes récriminations, au moment où chacun de nous entend ces injonctions de l’Évangile : « Portez les fardeaux les uns des autres », « professez la vérité dans la charité », « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Galates 6: 2, Éphésiens 4: 15,26) ».

Et les signataires de continuer : « Nous souhaitons que la Lambeth Conference soit tournée vers la prière et la Bible, qu’elle soit l’occasion de nourrir notre humilité, de nous ouvrir à la conversion de Dieu dans l’Esprit, et qu’elle nous encourage à de nouvelles formes d’enseignement et de témoignage qui inspireront et attireront les jeunes générations des différents pays et des différentes églises de la Communion. Il est également essentiel de rejeter toute forme de fierté culturelle et raciale, tout en écoutant et en délibérant les uns avec les autres, dans le respect des règles. La Première épître de Pierre, sur laquelle la Lambeth Conference de 2020 sera l’occasion de méditer, le dit parfaitement : « Soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité… Soyez toujours prêts à vous défendre […] devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous »(3: 8,15).

« Unis dans la foi, l’espoir et l’amour, nous pouvons, lors de la Lambeth Conference, faire face, ensemble, aux problèmes urgents de notre Communion et de notre monde. Nous avons tous à cœur notre avenir commun. Or, si notre Église est divisée, nous ne pourrons pas aider comme il se doit un monde lui aussi divisé et brisé. Nous prions pour ceux d’entre nous qui font face à la persécution et au danger. Nous devons être des intendants de la création. Nous espérons une conférence qui nous encourage tous à nous tenir unis aux côtés des pauvres et de ceux qui sont maltraités, à appeler les pécheurs à la repentance et à offrir le pardon au nom du Seigneur, à suivre son chemin d’amour et à rechercher la réconciliation entre nous, et avec nos voisins ».

Comme nous l’avons fait il y a un siècle, nous espérons que la Lambeth Conference 2020 sera l’occasion de nous remémorer l’appel œcuménique de notre Seigneur à ne faire qu’un, comme Lui et le Père sont unis (Jean 17:22). Nous rédigeons cette déclaration en prenant au sérieux le témoignage, les dons et les conseils de nos frères et sœurs chrétiens d’autres églises. Au sein de la Communion elle-même, certains ont éprouvé de la frustration face aux ‘instruments’ au cours des deux dernières décennies, ayant du mal à concilier autonomie et responsabilité mutuelle.

« Nous espérons une conférence qui tracera la voie à suivre au cours de la prochaine décennie et nous prions pour que chacun ait la patience de la suivre. Nous espérons une conférence qui sera l’occasion pour nous tous d’approfondir notre sens de ‘responsabilité mutuelle et d’interdépendance dans le Corps du Christ’ (Congrès anglican 1963), à la fois dans le programme et dans les amitiés personnelles.

De manière générale, puissions-nous rappeler que notre Communion véritablement mondiale n’est pas avant tout un problème, mais plutôt un don extraordinaire, bien que fragile – un signe de l’Église catholique ».

Des évêques de la Communion anglicane continuent de s’inscrire à la Lambeth Conference. La semaine dernière, les inscriptions avaient dépassé les 1000 participants, évêques et conjoint(e)s inclus.

[L’archevêque Justin Welby fait partie des nombreux primats qui demandent la pleine participation des évêques anglicans à la Lambeth Conference de l’année prochaine].