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Choisir le chemin étroit

Choisir le chemin étroit

Bishop Pierre Whalon

01 October 2018 7:48AM

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La convocation des Églises épiscopales en Europe fait partie de l’Église épiscopale basé aux États-Unis et est dirigée par Mgr Pierre Whalon. Dans cet article, il réfléchit aux questions de l’œcuménisme et de l’unité chrétienne.


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Le synode général de l’Église Épiscopale — « the General Convention » — s’est terminé le 13 juillet sans les grandes controverses ou luttes intestines que redoutaient certains media. Mes propositions transmises par le synode des Églises Épiscopales en Europe en 2017 ont reçu l’aval des évêques et des députés, en particulier la déclaration que notre Église a toujours été en pleine communion avec l’Église de Suède (luthérienne), et aussi l’autorisation de poursuivre le dialogue avec die Evangelische Lutherisch Kirche in Bayern, l’Église évangélique luthérienne en Bavière, qui elle-même fait partie de l’Evangelische Kirche Deutschland.

La « pleine communion » ne signifie pas une union ou fusion de deux églises, mais la reconnaissance mutuelle qu’elles possede la foi, les sacrements et le ministère en commun. En pratique cela signifie que les fidèles peuvent communier, se marier et se faire baptiser, et que les ministres de l’une sont interchangeables avec ceux de l’autre.

Puisque je suis profondément impliqué dans ces deux développements, les décisions de la « General Convention » me donnent une certaine satisfaction. Mais d’un autre côté, elles attisent mon inassouvissement. Car il a fallu beaucoup d’efforts pour arriver à ces avancements œcuméniques, et le temps presse. Nous sommes entrés dans une nouvelle époque où l’œcuménisme est considéré comme acquis par le public, qui s’en fiche pas mal, et en même temps le mouvement ralentit, faute d’intérêt des hiérarchies chrétiennes.

Ce sentiment de désabusement partagé par le public et des dirigeants ecclésiastiques, cette lassitude, vient non seulement des difficultés de dialoguer et décider ensemble, avec d’autres chrétiens, des questions de doctrines, de mépris et méfiance historiques, mais aussi que les Églises occidentales sont tétanisées par des crises internes. C’est surtout le déclin de l’assistance aux offices, et son parallèle concernant l’influence sociale qui s’amenuise qui secouent les hiérarques.

Comme moi, par exemple. J’ai reçu une commission d’écrire un livre sur l’œcuménisme, que j’appelle pour le moment « Choisir le chemin étroit. » Je pense au dicton du Christ, « resserré le chemin qui mène à la vie » (Mathieu 7.14). En bien, si nous ne redoublons pas nos efforts œcuméniques, nous allons continuer soit à décliner dans un gentil crépuscule, soit à nous concurrencer pour des fidèles de moins en moins nombreux.

Ce « chemin étroit, resserré » est non seulement la porte qui mène à notre salut individuel, mais c’est aussi accepter que nous autres chrétiens sommes tous déjà en communion. Le Saint-Esprit nous tient tous dans une étreinte avec Jésus notre Sauveur, dont le signe tangible est le baptême. Et l’Esprit nous nourrit tous avec son Corps et son Sang. Qu’on les récite régulièrement ou pas, les symboles de Nicée et des Apôtres résument succinctement et sans faille notre interprétation du message biblique. Et nous croyons d’une façon ou d’une autre que le même Esprit choisit des êtres humains pour servir son peuple pour baptiser, célébrer la Sainte Communion, enseigner la foi des crédos, et marier les couples.

Bien sûr, nous ne faisons pas toutes ces choses de la même façon. Mais nous les faisons toutes. Et pour ma part, je deviens de plus en plus inassouvi par la lenteur des progrès des dialogues. Il faut comprendre que notre survie est en jeu. Je crois dur comme fer que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l’Église », mais elles feront de leur mieux quand même. Le « nouvel athéisme », la montée d’un certain islam hostile, et les chocs des scandales nous portent des coups de boutoir.

Nous n’avons pas besoin de fusionner, d’accepter une hégémonie quelconque. Ce qu’il faut, c’est arriver à la pleine communion. Il y a aura bien entendu des divergences et des désaccords. Mais nous n’avons plus le luxe — pour ainsi dire — d’exclure d’autres chrétiens pour des raisons de doctrines devenues surannées depuis longtemps.

Pour notre bien, notre salut, pour montrer que Jésus est Seigneur et Sauveur, poursuivons assidûment nos dialogues. Choisissons le chemin étroit de la pleine communion. En renforcent par l’unité les unes avec les autres, et avec la Sainte Trinité, notre témoignage ensemble à Jésus-Christ — l’espoir du monde entier — sera de plus en plus convaincant !

 

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